Leçon

Anamnèse

La cheville est l’une des articulations les plus fréquemment traumatisées lors de la pratique du football. Le mécanisme de la blessure est un élément important pour établir le diagnostic. Le mécanisme le plus courant, pour une entorse bénigne de la cheville, implique un mouvement d’inversion et une flexion plantaire. La possibilité de s’appuyer ou non sur le pied après la blessure permet de déterminer s’il s’agit d’une entorse ou d’une fracture.

Les aspects suivants sont importants à prendre en compte au moment de faire l’anamnèse d’un ou d’une athlète qui s’est blessé(e) à la cheville.

Mécanisme de la blessure
Le mécanisme de la blessure est l’une des considérations clés lors de l’examen d’une blessure à la cheville. Les entorses des ligaments latéraux (et les lésions aiguës des tendons péroniers) ont généralement lieu après un mouvement d’inversion de la cheville. L’inversion peut survenir lorsqu’un joueur change rapidement de direction, court sur un terrain irrégulier ou marche sur le pied d’un adversaire. Les lésions aux ligaments deltoïdes sont généralement la conséquence d’un mouvement d’éversion de la cheville. Les lésions de la syndesmose (également connues comme entorses de la cheville haute) surviennent généralement lors d’une dorsiflexion forcée, d’une rotation extérieure forcée du pied, ou après une éversion du talus. Les mécanismes de blessures sont également caractéristiques pour la majorité des fractures de la cheville.
Symptômes mécaniques
Un blocage ou un craquement de l’articulation peuvent être révélateurs d’un fragment libre, comme lors d’une lésion instable du dôme astragalien. Ce symptôme peut également être la conséquence d’une luxation des tendons péroniers. Une sensation plus générale de « cliquetis et de craquement » est une plainte courante et ne constitue généralement pas un symptôme plus significatif.
Instabilité
Une lésion des ligaments mal traitée peut être à l’origine d’une instabilité chronique. Les symptômes de l’instabilité peuvent également être liés à une lésion instable du cartilage (lésion du dôme astragalien ou fragment libre).
Douleur
La douleur ressentie dans la cheville postérieure lors de la flexion plantaire est très probablement le signe d’un conflit postérieur. À l’inverse, une douleur ou une limitation ressentie dans la cheville antérieure lors de la flexion dorsale est quant à elle probablement le signe d’un conflit antérieur.
Appréhension
L’appréhension au cours de l’activité ou sur terrain irrégulier peut être un indice d’une lésion ligamentaire plus sérieuse (ou mal traitée).
Gonflement
Un gonflement en phase aiguë est vraisemblablement la conséquence d’une hémarthrose. Un gonflement chronique peut être lié à une synovite (généralement après un traumatisme). Le gonflement peut également être le signe d’une pathologie intra-articulaire comme une lésion ostéochondrale du dôme astragalien.
Antécédents de blessure
Un traumatisme de la cheville antérieure est un facteur de risque pour une éventuelle nouvelle blessure. De nombreux footballeurs recommencent à jouer bien trop tôt après une entorse. Il est important de questionner la pertinence du traitement (incluait-il des exercices de renforcement et de proprioception ?), car la nouvelle blessure peut y être liée.
L’incapacité à prendre appui sur le pied après la blessure constitue un signe clinique important. Comme vous le verrez, il s’agit de l’un des « critères d’Ottawa ». Si un athlète est incapable de marcher, une lésion plus sérieuse doit être suspectée et une radiographie réalisée.

Dr Pieter D'Hooghe

Chirurgien orthopédiste