Leçon

Lésion du ligament collatéral latéral et lésion multiligamentaire

Le ligament collatéral latéral (LCL) est rarement blessé de manière isolée. Les lésions de ce ligament sont généralement liées à des lésions multiligamentaires plus sérieuses du genou.

Le LCL est attaché à l’épicondyle latéral du fémur en dessous du gastrocnémien latéral et au-dessus du poplité. Au niveau inférieur, il est attaché à la tête du péroné. Le LCL est la contrainte principale à la tension en varus. En extension complète, la capsule postérieure et le point d’angle postéro-latéral (PAPL) contribuent également à la stabilité en varus. Le PAPL est une structure complexe qui comprend le LCL, le poplité, le muscle biceps fémoral et le ligament poplitéo-fibulaire. Quarante pour cent des lésions du PAPL surviennent lors de la pratique d’un sport. 5

 

Anamnèse

Les lésions du LCL et du PAPL surviennent généralement au cours d’une blessure en varus et/ou en hyperextension. Un coup (en direction postéro-latérale) au tibia interne lorsque le genou de l’athlète est tendu constitue un autre mécanisme courant. D’autres ligaments du genou sont également affectés, notamment le LCA et le LCP. Comme pour une lésion isolée du LCA, la blessure n’implique pas nécessairement un traumatisme significatif.

Cliquez sur cette vidéo pour visionner une lésion du LCL (et d’autres ligaments du genou). Vous pouvez d’abord observer une tension en varus, suivie d’un valgus et d’une rotation interne, au niveau du genou droit du joueur blessé.

Cliquez sur l’image suivante pour visualiser l’exemple d’une blessure multiligamentaire survenue lors de la pratique du football.

Cliquez ici pour voir le joueur du LA Galaxy, José Leonardo Ribeiro da Silva, se blesser au genou droit au court d’un match. Vous pouvez remarquer le mouvement extrême en varus, suivi d’un mouvement en valgus, occasionnant une lésion multiligamentaire très importante.

Examen clinique

Un examen clinique exhaustif du genou ainsi qu’une évaluation de la pertinence de réaliser d’autres examens ligamentaires se basent sur certains signes, notamment ceux qui figurent dans la liste suivante :

  • hyperextension du genou
  • laxité du LCL en extension et en flexion à 30 degrés du genou
  • test de rotation du tibia
  • test du tiroir postérieur

Cliquez sur les images suivantes pour voir comment examiner le PAPL et le LCL.

Cliquez ici pour voir certains des tests utilisés pour évaluer le point d’angle postéro-latéral.

Si la possibilité de réaliser un test de Mac Intosh inversé a été documentée, celui-ci est rarement utile en dehors de la salle d’opération. 6 Le test commence avec une flexion du genou, qui est ensuite placé en extension tandis qu’une rotation externe et une tension en valgus sont appliquées. La bandelette ilio-tibiale réduit la mobilité du genou tandis qu’il passe de la flexion à l’extension.

Il est important de documenter l’état neurovasculaire des patients qui souffrent de lésions multiligamentaires.

Cliquez sur l’image suivante afin de visualiser les résultats d’examen clinique liés à la blessure que vous avez vus ci-dessus.

Cliquez ici pour observer un examen sous anesthésie. Vous pouvez remarquer la laxité, en tension du valgus comme en tension du varus, genou fléchi et genou tendu. Vous pouvez également remarquer l’hyperextension du genou. Ces signes sont révélateurs d’une lésion multiligamentaire sérieuse.

Examens complémentaires

Des radiographies doivent être réalisées afin d’écarter la possibilité d’une fracture ou d’une autre pathologie osseuse. Une fracture de Segond inversée indique une lésion du LCP et du ménisque interne (avulsion latérale de la tubérosité de Gerdy). L’IRM constitue l’examen le mieux adapté.

 

Traitement

Si la blessure est une lésion aiguë sans laxité, un traitement non chirurgical doit être envisagé. Cependant, dans la plupart des cas, une intervention chirurgicale est indiquée. Dans le cas d’une lésion multiligamentaire, elle peut nécessiter des allogreffes. Cette intervention chirurgicale est souvent réalisée de manière échelonnée. Les structures de la colonne latérale sont souvent réparées ou reconstruites de manière précoce, tandis que le LCA et/ou le LCP sont reconstruits après une période de rééducation initiale de un à deux mois.

Tous les athlètes présentant des signes de lésion neurovasculaire doivent être examinés immédiatement.