Leçon

Douleur au pied

Les causes des douleurs aux pieds, phénomène courant, résident dans des problèmes biomécaniques ou le développement d’une ostéochondrose.

Cliquez sur les onglets suivants pour en savoir plus sur certaines des causes fréquentes de douleur au pied chez les enfants et les adolescents.

Maladie de Sever
Il s’agit d’une apophysite de traction du tendon d’Achille au niveau de l’apophyse calcanéenne. C’est la deuxième maladie la plus fréquente après celle d’Osgood-Schlatter. L’enfant développe généralement cette pathologie entre cinq et treize ans

 

Anamnèse et examen clinique

Le patient se plaint d’une douleur liée à l’activité et l’examen montre une sensibilité localisée ainsi qu’un gonflement au point d’insertion. Le muscle gastrocnémien ou le muscle soléaire peuvent présenter une raideur.

 

Examens d’imagerie

Il s’agit d’un diagnostic clinique. Les radiographies ne sont donc généralement pas nécessaires. Si la douleur ne s’atténue pas avec le repos ou qu’elle est présente la nuit ou au repos, il est impératif de faire pratiquer des examens d’imagerie.

 

Traitement

Comme avec les autres apophyses de traction, la prise en charge de cette pathologie implique une modification de l’activité. Le patient doit être informé que sa convalescence durera probablement de six à douze mois, mais qu’elle peut parfois se prolonger jusqu’à deux ans. Une talonnette peut être insérée dans les chaussures. L’étirement du mollet est recommandé et la correction des anomalies biomécaniques peut être bénéfique.

Les autres apophysites qui peuvent toucher le pied sont l’apophysite du métatarsien (maladie d’Iselin) et l’apophysite du naviculaire. Elles sont causées par une traction du tendon court péronier ou du tibial postérieur. Une fois encore, l’examen montre une sensibilité locale et une douleur provoquée par la résistance au mouvement avec le pied. Le traitement comprend également la modification de l’activité et l’étirement.

Synostose du tarse
Cette pathologie est provoquée par une fusion congénitale des os du tarse. Elle n’est souvent pas détectée avant que l’enfant ne débute la pratique du sport, à l’âge de neuf ou dix ans. Les deux formes les plus courantes impliquent une barre osseuse ou cartilagineuse entre le calcanéus et le naviculaire, ou entre le calcanéus et le talus. Si le cas est moins fréquent, la synostose peut aussi toucher le calcanéus et le cuboïde. Il existe souvent des antécédents familiaux. La pathologie est bilatérale dans 40 % des cas.

 

Anamnèse

L’adolescent peut se plaindre d’une douleur au niveau de la partie centrale du pied après une succession de courses et de sauts. En outre, il existe souvent un antécédent d’entorse récurrente de la cheville.

 

Examen clinique

L’élément clé d’un examen clinique est une amplitude restreinte du mouvement de l’articulation sous-talienne. Le pied peut être plat et rigide, et présenter une sensibilité localisée.

 

Examens d’imagerie

Une série de radiographies est nécessaire, avec une vue oblique à 45°. Si celles-ci sont normales et qu’une suspicion clinique persiste, un scanner ou une IRM doivent être prescrits.

 

Traitement

La pose d’une orthèse peut être nécessaire, avec excision chirurgicale après échec du traitement conservateur. La barre peut revenir après l’opération lorsque l’interposition des tissus après l’excision de la barre n’est pas utilisée.

« Pieds plats » et anomalies indolores de la démarche
Ces pathologies sont courantes. L’enfant est généralement amené par ses parents, qui ont remarqué une anomalie lors de la marche ou de la course. L’enfant peut se plaindre de douleur au pied ou sur la partie antérieure du bas de la jambe, mais l’anomalie est le plus souvent indolore. Une évaluation biomécanique approfondie est justifiée. Les anomalies de rotation de la hanche et du tibia provoquant une démarche avec le pied tourné vers l’intérieur ou l’extérieur sont courantes. Si ces anomalies sont peu marquées et asymptomatiques, aucun traitement n’est nécessaire.

Cliquez sur les images ci-dessous pour visualiser des exemples de ces lésions du pied.

  • Déformation du pied plat

    Pied plat rigide sur le côté gauche dû à une coalition tarsienne

  • Coalition calcanéo-naviculaire

    Une barre osseuse (flèche) liant le calcanéus et le naviculaire sur le pied gauche est visible sur cette incidence oblique

  • Coalition talo-calcanéenne

    Notez la difficulté à visualiser les trois facettes de cette articulation

  • Maladie de Sever

    Irrégularité bilatérale de l’apophyse calcanéenne (non-spécifique)