Leçon

Os naviculaire

Les fractures naviculaires ont de grandes chances de mener à une pathologie à long terme et sont associées à un mauvais pronostic si elles ne sont pas traitées correctement. Le naviculaire est l’os clé de la colonne interne du pied. Il possède plusieurs articulations et présente un degré élevé de stabilité inhérente. Les fractures de stress du naviculaire sont très souvent associées à des sports qui impliquent un changement soudain de direction, des sauts et des accélérations. Comme les fractures de la base du cinquième métatarse, elles nécessitent une attention particulière, car elles sont difficiles à diagnostiquer et demandent souvent un traitement complexe. Elles se développent généralement sur la surface osseuse dorsale et peuvent évoluer en fracture bicorticale. Les fractures de stress du naviculaire représentent jusqu’à 15 % de toutes les fractures de stress liées au sport. Les signes locaux étant généralement très minimes (douleur, gonflement, décoloration, diminution de l’amplitude de mouvement ou de la force) et l’apparition de la douleur étant souvent insidieuse, le diagnostic est en général retardé. Il est nécessaire de rester très vigilant.

 

Anamnèse

Les athlètes qui souffrent d’une fracture de stress du naviculaire se plaignent généralement d’une douleur diffuse qui apparaît de manière insidieuse dans le pied et la cheville. Les symptômes étant souvent vagues, une grande vigilance est nécessaire.

 

Examens complémentaires

Pour établir le diagnostic, un test de provocation utile et plutôt sensible consiste à trouver le « point N ». Il s’agit de localiser en premier lieu l’articulation talo-naviculaire en plaçant le pied en inversion et en éversion puis de palper la partie proximale dorsale de l’os naviculaire. Une sensibilité locale est le signe d’un test positif. Il peut également être utile de chercher d’autres indices d’une fracture de stress, grâce au test des sauts horizontaux unipodaux par exemple.

 

Examen clinique

Les fractures naviculaires sont rarement visibles sur les radiographies simples, sauf lorsqu’elles sont aiguës. Une hyperfixation lors d’une scintigraphie osseuse ou d’une IRM peut permettre d’établir le diagnostic. Les échographies peuvent être utilisées pour définir une fracture aiguë ou pour évaluer la sévérité d’une lésion de stress. Cette évaluation peut permettre d’établir un pronostic basé sur l’ampleur de la fracture. Celle-ci peut aller d’une rupture au niveau du cortex dorsal à une fracture complète.

Cliquez sur les images suivantes pour visualiser des exemples de fractures de stress du naviculaire.

  • Fracture de stress de l’os naviculaire (axiale)

    Remarquez l’œdème important au niveau de l’os naviculaire

  • Fracture de stress de l’os naviculaire (coronale)

    Observez la ligne de fracture s’étendant à travers deux corticales sur cette image en pondération T1

  • Fracture de stress de l’os naviculaire (sagittale)

    Vous pouvez à nouveau observer l’œdème osseux important au niveau de l’os naviculaire.

  • Fracture de stress naviculaire (scanner)

    Le scanner peut permettre de définir l’orientation de la fracture plus efficacement que l’IRM

  • Point N

    La sensibilité au niveau du point N doit faire suspecter une fracture de stress de l’os naviculaire

Traitement

Les fractures naviculaires peuvent être traitées sans intervention chirurgicale ou grâce à une fixation chirurgicale. Six semaines de repos sans mise en charge sont généralement nécessaires pour traiter ces blessures de stress. Ces modalités de traitement donnent toutes les deux de bons résultats. Si une opération chirurgicale est envisagée, elle impliquera généralement un vissage percutané. Il est recommandé que l’athlète n’effectue aucune mise en charge pendant les six semaines qui suivent l’opération. La chirurgie peut être envisagée lorsque la fracture s’étend au niveau du naviculaire ou si deux cortex sont atteints.