Leçon

Blessures au LCA

Chez les joueurs de football, une des blessures les plus graves est la lésion au ligament croisé antérieur (LCA). Ces lésions surviennent plus souvent chez les joueuses de football, et peuvent avoir un effet dévastateur sur leurs carrières. La blessure nécessite souvent des examens d’imagerie poussés, une chirurgie de reconstruction, d’intenses séances de kinésithérapie et de rééducation ainsi qu’une surveillance continue pour diminuer les risques de nouvelle blessure. Les joueurs souffrant d’une déchirure du LCA sont habituellement dans l’incapacité de jouer au football pendant environ un an. Ils sont ensuite plus susceptibles de développer une arthrose post-traumatique.

En raison de la gravité de ce type de lésion, de nombreuses recherches ont porté sur sa prévention. Le contrôle neuromusculaire du genou et une proprioception altérée peuvent fournir des indices permettant d’identifier quels athlètes sont particulièrement susceptibles de souffrir de lésions au LCA. Les facteurs de risques comprennent : des modèles de mouvement modifiés lors de pratiques sportives, des modèles d’activation musculaire modifiés et les chocs imprévus avec un autre joueur, touchant particulièrement l’articulation du genou.

Il est possible d’exercer une influence sur certains de ces facteurs de risques. Cliquez sur les onglets suivants pour en apprendre davantage sur chacun de ces risques.

Ratio ischio-jambiers/quadriceps
Alors que le muscle des quadriceps augmente la force de cisaillement antérieure sur le tibia, le muscle des ischio-jambiers renforce le LCA en empêchant la translation antérieure excessive du tibia, agissant comme un agoniste du LCA. En cas de faiblesse des ischio-jambiers, d’un déséquilibre par rapport au quadriceps ou d’un retard moteur dans le temps de contraction, le risque de se blesser au LCA augmente, provoquant à terme sa défaillance.
Stratégie de réception
De plus, se réceptionner après un saut avec une flexion minimale de la hanche et du genou et/ou une adduction et une rotation interne de la hanche augmente la charge transmise à l’articulation du genou, ainsi que la force transmise des quadriceps, plaçant alors un effort de traction excessif sur le LCA.
Équilibre et proprioception
Les joueurs dont le contrôle neuromusculaire est limité sont probablement plus à risque de se blesser. Un entraînement proprioceptif, y compris avec une perturbation, peut être une stratégie utile.

Il existe plusieurs programmes tenant compte de ces facteurs dont l’efficacité de réduction de blessures au LCA a été démontrée. L’un d’entre eux a été développé par la Santa Monica Sports Medicine Foundation. Il s’agit du Prevent Injury and Enhance Performance Program (PEP ou Programme de prévention des blessures et amélioration des performances). 9 Le programme PEP se concentre sur des techniques de bonne réception, de changement d’appui et de décélération. Il met l’accent sur une réception en douceur sur la partie antérieure de la plante des pieds, l’implication d’une flexion de la hanche et du genou à la réception et lors des manœuvres latérales (changements d’appuis), le fait d’éviter un mouvement d’adduction/un positionnement en valgus excessif à la réception et l’accroupissement, l’augmentation de la force des ischio-jambiers, des muscles fessiers et extérieurs de la hanche, ainsi que sur l’adoption de bonnes techniques de décélération. Le programme a permis d’observer une diminution significative des blessures au LCA (de 74 à 88 % environ). Une période de six à huit semaines est nécessaire pour que le programme s’avère efficace.