Chapitre

Fémur

Chapitre progression:

La fracture de stress du fémur est la quatrième fracture de stress la plus courante chez les sportifs. Il est possible que ce traumatisme soit sous-diagnostiqué chez les footballeurs. 24 L’incidence exacte des fractures de stress du fémur chez les joueurs de football reste à déterminer, mais elle pourrait représenter jusqu’à 10 % de l’ensemble des fractures de stress des membres inférieurs chez les athlètes. 24,25 Les fractures de stress du col du fémur et des régions inter-trochantérienne et sous-trochantérienne sont des éléments importants du diagnostic différentiel pour les douleurs de hanche et de l’aine chez les footballeurs. La fracture de stress de la diaphyse fémorale peut constituer un diagnostic différentiel des lésions du fascia ou du muscle de la cuisse. Avec une rééducation et une gestion de la charge appropriées, les athlètes victimes d’une fracture de stress du fémur peuvent généralement arriver à une guérison complète (un retour au sport) en deux à trois mois. Cependant, certains cas plus sévères peuvent demander une période de guérison allant de un à deux ans, obligeant le sportif à prendre sa retraite.

Un sous-ensemble des fractures de stress du fémur est associé à un risque élevé de progression vers une fracture vraie, un retard de consolidation ou une non-consolidation Ainsi, les fractures de stress de la partie proximale du col du fémur (tension) peuvent mal guérir à cause des importantes forces de traction qui s’y exercent et de la relative avascularité de l’os à cet endroit.

Les facteurs de risques biomécaniques des fractures de stress du fémur comprennent une différence de longueur entre les deux jambes, un manque de force du muscle glutéal et du quadriceps, une pronation ou une supination du pied, ou une opération chirurgicale du genou et de la hanche avec fixation transfémorale.

 

Anamnèse

Les footballeurs présentant une fracture de stress du fémur décrivent généralement l’apparition insidieuse de douleurs diffuses, mais profondes à la cuisse, à la hanche ou à l’aine. La douleur irradie parfois vers le genou ou la face postérieure de la cuisse. La douleur s’intensifie avec la pratique d’activités à fort impact telle que la course, les sauts et les sautillements, et s’atténue avec le repos. Dans les cas sévères, la marche ou la station debout peuvent suffire à aggraver la douleur et les joueurs peuvent se plaindre de douleurs nocturnes.

 

Examen clinique

Il n’y a souvent pas de gonflement localisé et le praticien ne peut pas forcément reproduire à la palpation la douleur ressentie par le patient à cause de l’importante quantité de tissu mou qui recouvre le fémur. Le test du levier peut aider au diagnostic, particulièrement dans le cas de fractures de stress de la diaphyse fémorale. 25 Pour le test du levier, le sportif est assis, la jambe pendante hors de la table (voir schéma). Le bras du praticien qui sert de levier est placé sous la cuisse pour se rapprocher progressivement de l’extrémité distale de la cuisse vers l’extrémité proximale, tandis qu’une pression légère vers le bas est appliquée sur le genou à l’aide de la main opposée. Le test est positif lorsque le sportif rapporte une douleur le long du fémur au niveau de la fracture de stress.

 

Examens complémentaires

Les examens radiologiques constituent une bonne investigation initiale et peuvent servir à éliminer d’autres pathologies. Une scintigraphie osseuse ou une IRM (imagerie par résonance magnétique) sont généralement effectuées pour confirmer le diagnostic, déterminer l’étendue du traumatisme et aider à la prise de décision concernant sa gestion.

Cliquez sur les images suivantes pour visualiser des exemples de fractures de stress du col fémoral et de la diaphyse fémorale.

  • Radiographie du pelvis

    Fracture de stress du col du fémur inférieur.

  • Scanner en coupe coronale de la hanche

    Une fracture de stress du col du fémur inférieur est visible sur cette incidence en coupe coronale.

  • IRM en coupe coronale de la hanche

    Fracture de stress du col du fémur inférieur avec rupture corticale

  • IRM en coupe axiale du fémur

    œdème de la moelle osseuse et sclérose.

  • IRM en coupe coronale du fémur

    Remarquez l’œdème de la moelle osseuse et l’œdème périosté ainsi que l’implication du cortex.

Traitement

Le traitement d’une fracture de stress sans complications implique généralement une période initiale d’arrêt des activités impliquant une mise en charge. L’utilisation de béquilles pendant quelques semaines, le temps que la douleur se résorbe, peut être recommandée. Par la suite, une augmentation graduelle d’activités et d’exercices avec mise en charge est initiée, dans le respect des limites de tolérance du patient et sous réserve que les symptômes ne s’aggravent pas.

Un traitement chirurgical est envisagé en présence d’une fracture de stress du fémur déplacée, d’un retard de consolidation ou d’une non-consolidation, mais également lorsque les traitements conservateurs ont échoué et en tant que stabilisation prophylactique des fractures à haut-risque.

La fracture de stress du fémur est souvent confondue avec une déchirure musculaire, une bursite, une inflammation articulaire ou une infection. Il est nécessaire de rester vigilant face à une douleur aggravée par la mise en charge non diagnostiquée, et de faire rapidement réaliser des examens afin d’éviter les complications liées à un diagnostic erroné.

Zuzana Machotka

Kinésithérapeute